Le SMIC brut n’est pas seulement un chiffre posé au bas d’un contrat ou au milieu d’une fiche de paie. C’est le seuil légal qui protège le salarié contre une rémunération trop basse, que le paiement se fasse à l’heure, à la commission, à la tâche ou même au pourboire. Depuis le 1er juin 2026, il atteint 12,31 € brut par heure, soit 1 867,02 € brut par mois pour un temps plein de 35 heures. Un montant qui semble simple sur le papier, jusqu’au moment où il faut comprendre ce qui arrive vraiment sur le compte bancaire.
Entre le brut, le net, les cotisations, les heures supplémentaires, la convention collective, les primes et les contrats d’alternance, le sujet ressemble parfois à une chasse au trésor administrative. Pourtant, les règles de base sont accessibles. L’enjeu est concret : vérifier une paie, accepter une offre, préparer un budget ou simplement savoir si la boîte respecte ses obligations. Le SMIC ne règle pas toutes les galères du mois, mais il pose un plancher. Et un plancher solide, c’est toujours mieux qu’un tapis posé sur du vide.
En bref :
- Depuis le 1er juin 2026, le SMIC est fixé à 12,31 € brut de l’heure.
- À temps complet, il correspond à 1 867,02 € brut mensuel pour 151,67 heures.
- Le montant net indicatif est d’environ 1 477,93 € par mois avant impôt.
- Les frais professionnels, les heures supplémentaires et certaines primes ne servent pas à atteindre le minimum légal.
- Une convention collective peut imposer un salaire minimal plus élevé que le SMIC.
- En cas de paiement inférieur au seuil légal, l’employeur peut devoir régulariser et risquer une amende.
SMIC brut 2026 : le montant horaire, mensuel et annuel à connaître
Le salaire minimum interprofessionnel de croissance, plus connu sous l’acronyme SMIC, correspond au salaire horaire minimum légal applicable à la majorité des salariés en France. Il ne s’agit pas d’un conseil de bon sens, d’une moyenne observée ou d’un objectif RH décoratif. C’est une obligation. Pour un salarié majeur, personne ne peut être payé en dessous de ce seuil pour chaque heure de travail effectif.
Depuis la revalorisation du 1er juin 2026, le repère est clair : 12,31 € brut par heure. Sur un contrat de 35 heures par semaine, le calcul mène à 151,67 heures mensuelles en moyenne. Cette durée n’est pas tombée d’un chapeau administratif : elle vient de 35 heures multipliées par 52 semaines, puis divisées par 12 mois. En appliquant le taux horaire, on arrive à 1 867,02 € brut mensuel.
| Repère de rémunération | Montant brut | Montant net indicatif |
|---|---|---|
| SMIC horaire | 12,31 € | 9,74 € |
| SMIC mensuel pour 35 heures | 1 867,02 € | 1 477,93 € |
| SMIC annuel pour un temps plein | 22 404,20 € | 17 735,19 € |
Le mot important ici reste brut. Il représente le salaire avant la déduction des cotisations salariales. C’est ce montant qui apparaît généralement dans une annonce, sur le contrat de travail et sur la première ligne notable d’un bulletin de paie. Le net, lui, est ce qui reste après les prélèvements qui financent notamment la retraite, l’assurance maladie, le chômage ou encore certaines contributions sociales.
Pour visualiser le mécanisme, prenons Léa, employée dans une boutique de centre-ville à 35 heures par semaine. Son contrat indique un salaire au SMIC. Elle doit donc voir apparaître au moins 1 867,02 € brut sur sa paie mensuelle habituelle, hors particularités comme les absences non rémunérées. Sur son compte, elle recevra autour de 1 478 € net avant éventuel prélèvement à la source. Ce décalage ne signifie pas que 389 € ont été avalés par un trou noir. Ils correspondent aux cotisations prévues par le système social français.
Le SMIC s’applique quelle que soit la manière de rémunérer le salarié. Un serveur payé avec une part fixe et des pourboires, un commercial rémunéré à la commission, un ouvrier payé à la pièce ou une personne dont le salaire dépend de son rendement restent protégés par ce plancher. La mécanique peut varier, mais le résultat doit respecter le minimum légal. Les VRP disposent toutefois de règles particulières, souvent fondées sur une combinaison de fixe, commissions et primes.
Le montant mensuel ne doit pas faire oublier l’origine horaire du dispositif. C’est particulièrement utile pour les temps partiels, les contrats courts ou les emplois avec des horaires variables. Une personne qui travaille 80 heures dans un mois ne doit pas recevoir le SMIC mensuel complet, mais au moins 80 fois le taux horaire applicable. À 12,31 € brut, cela représente 984,80 € brut. Le calcul est moins glamour qu’une vidéo de motivation sur la liberté financière, mais il évite les mauvaises surprises.
Le SMIC est aussi différent à Mayotte. Le taux y est fixé à 9,56 € brut de l’heure, soit 1 449,93 € brut mensuel pour un temps plein de 35 heures. Cette particularité territoriale doit être prise en compte au moment de comparer une offre, de signer un contrat ou d’éplucher une fiche de paie.
Le chiffre brut est donc le point de départ d’une rémunération, pas son point final. Comprendre la différence avec le net permet ensuite de lire le salaire sans avoir l’impression qu’il est écrit dans une langue réservée aux experts-comptables et aux imprimantes de bureau.

SMIC brut et net : comprendre ce qui est retiré sur la fiche de paie
Entre 1 867,02 € brut et environ 1 477,93 € net, la différence est proche de 389 € pour un salarié payé au SMIC à temps plein. C’est souvent le moment où la fiche de paie prend des airs de roman policier : plusieurs lignes, des acronymes, des taux, et le sentiment que le coupable se cache forcément dans une colonne. En réalité, le passage du brut au net suit une logique précise, même si le détail dépend de la situation de chaque salarié.
Les cotisations salariales financent une partie de la protection sociale. On y retrouve notamment la retraite de base et complémentaire, la CSG, la CRDS, ainsi que la part salariale de certains dispositifs collectifs. Une mutuelle d’entreprise peut aussi réduire légèrement le net versé. Son coût varie selon le contrat proposé par l’employeur et la couverture choisie.
Du salaire contractuel au montant versé : le chemin réel de la paie
Le brut est la rémunération convenue avant prélèvements. Le net avant impôt, parfois appelé net à payer avant prélèvement à la source, est le montant restant après les cotisations salariales. Puis peut venir l’impôt sur le revenu prélevé directement sur la paie. Pour une personne rémunérée au SMIC, ce prélèvement est souvent nul ou faible, mais il dépend du foyer fiscal, des revenus globaux et du taux transmis par l’administration.
Reprenons Léa. Son employeur lui verse 1 867,02 € brut. Après cotisations, elle obtient approximativement 1 477,93 € net avant impôt. Si son taux de prélèvement à la source est de 0 %, cette somme est très proche de celle qui arrivera sur son compte. Si elle vit en couple avec un foyer fiscal aux revenus plus élevés, un prélèvement peut s’ajouter. La paie devient alors un peu moins généreuse, sans que le salaire brut ait changé d’un centime.
Pour aller plus loin dans ce décryptage, le guide sur le calcul du SMIC brut et net permet de remettre les lignes de paie dans le bon ordre. C’est utile avant de contester un montant, mais aussi avant d’établir son budget mensuel. Car une dépense ne se paie jamais en brut. Le loyer, lui, n’a aucune compassion pour les cotisations sociales.
Le net peut également évoluer avec des éléments personnels : mutuelle renforcée, titres-restaurant, saisie sur salaire, remboursement de transport, absence, acompte ou retenue liée à un avantage en nature. Il serait donc imprudent de promettre un montant identique au centime près pour tous les salariés au SMIC. Le chiffre de 1 477,93 € reste une indication nationale utile, pas une photocopie de chaque virement bancaire.
Il faut aussi distinguer le net imposable du net versé. Le premier sert au calcul de l’impôt ; il peut être supérieur au second à cause de la CSG non déductible ou de la participation employeur à certains dispositifs. Voilà pourquoi deux montants nets apparaissent parfois sur la même fiche. Non, ce n’est pas un piège conçu par une société secrète de gestionnaires de paie. C’est une distinction fiscale.
Pour un salarié à temps partiel, le principe reste identique. À 17,5 heures par semaine, soit un mi-temps, le brut minimal atteint environ 933,51 € par mois avec le taux en vigueur depuis juin 2026. Le net sera ensuite calculé à partir de cette base, avec les paramètres personnels du salarié. Travailler moins d’heures réduit logiquement le montant, mais le taux horaire minimal ne change pas.
Comprendre ce passage du brut au net évite deux erreurs fréquentes : croire que le brut est le montant disponible, ou penser que tout écart est forcément une anomalie. La bonne méthode consiste à vérifier chaque ligne, à comparer le nombre d’heures payées et à demander une explication claire si un chiffre ne colle pas. Une fiche de paie est technique, mais elle n’a pas le droit d’être mystérieuse.
Le net donne la réalité immédiate du budget. Le brut, lui, sert aussi à vérifier que le droit du travail est respecté. Les deux montants racontent donc la même histoire, mais pas depuis le même côté du bureau.
Calcul du SMIC brut selon le temps de travail et les heures supplémentaires
Le SMIC est fixé à l’heure, ce qui rend son calcul plutôt pratique dès que le contrat s’éloigne du classique 35 heures. Temps partiel, planning variable, CDD de quelques semaines, emploi étudiant ou activité saisonnière : le taux horaire permet de savoir rapidement quel est le minimum à percevoir. La formule de base est simple : nombre d’heures travaillées × 12,31 € brut.
Sur un temps complet, la durée mensuelle de référence est de 151,67 heures. Elle correspond à 35 heures hebdomadaires lissées sur l’année. Ce lissage explique pourquoi un mois avec davantage de jours ouvrés ne fait pas grimper automatiquement le salaire fixe d’un salarié mensualisé. Le contrat ne paie pas le nombre de lundis déprimants du calendrier, heureusement pour tout le monde.
Temps partiel : un calcul au prorata, pas au doigt mouillé
Pour un contrat de 24 heures par semaine, la durée mensuelle moyenne est de 104 heures. À partir du SMIC de juin 2026, la rémunération minimale atteint donc 1 280,24 € brut par mois. Un contrat à 28 heures hebdomadaires représente environ 121,33 heures mensuelles, soit un minimum de 1 493,57 € brut.
| Durée de travail hebdomadaire | Volume mensuel moyen | SMIC brut mensuel minimum |
|---|---|---|
| 35 heures | 151,67 heures | 1 867,02 € |
| 28 heures | 121,33 heures | 1 493,57 € |
| 24 heures | 104 heures | 1 280,24 € |
| 17,5 heures | 75,83 heures | 933,51 € |
| 10 heures | 43,33 heures | 533,41 € |
Ces chiffres permettent à Samir, étudiant employé en grande distribution le samedi et quelques soirs, de vérifier son bulletin sans lancer une réunion de crise avec sa calculatrice. S’il travaille 43,33 heures sur un mois, son salaire de base ne peut pas être inférieur à 533,41 € brut. Si son contrat prévoit plus que le minimum légal, c’est naturellement le montant contractuel ou conventionnel le plus favorable qui doit s’appliquer.
Les heures supplémentaires posent une autre règle essentielle. Au-delà de 35 heures par semaine pour un salarié à temps plein, elles donnent lieu à une majoration, sauf régime particulier prévu par un accord collectif dans le respect des règles légales. Elles viennent s’ajouter au salaire de base. Elles ne doivent jamais servir à combler artificiellement un salaire horaire inférieur au SMIC.
Exemple : Hugo travaille 39 heures chaque semaine dans une PME. Les 35 premières heures sont rémunérées au moins au SMIC horaire. Les quatre heures suivantes sont des heures supplémentaires et doivent être majorées selon le taux applicable dans l’entreprise. Dire « le total mensuel est correct » ne suffit pas si les heures de base ont été payées sous le minimum. Chaque pièce du puzzle doit être à la bonne place.
Les heures complémentaires, pour les salariés à temps partiel, suivent elles aussi un régime distinct. Elles correspondent aux heures effectuées au-delà de l’horaire prévu au contrat, dans les limites fixées. Là encore, une majoration peut s’appliquer. Le sujet mérite une attention particulière, car les contrats avec des horaires fluctuants peuvent vite devenir difficiles à lire. Garder ses plannings, ses relevés d’heures et ses bulletins est un réflexe simple, mais très efficace.
Le calcul doit aussi tenir compte des absences. Une absence non rémunérée, un congé sans solde ou une arrivée en cours de mois modifient la somme finale. À l’inverse, les congés payés ne sont pas censés faire s’évaporer le salaire. Si le montant semble anormal, le premier contrôle porte sur les heures réellement rémunérées et sur les éventuelles retenues.
Le SMIC horaire est donc le bon outil pour vérifier un contrat atypique. Dès que les horaires bougent, le montant mensuel standard devient moins utile. Le taux de 12,31 € brut, lui, reste la boussole : il ne remplace pas une lecture attentive, mais il évite de naviguer à vue.
SMIC brut, primes et convention collective : ce qui compte vraiment dans le minimum légal
Le salaire affiché au bas du bulletin ne suffit pas toujours à dire si le SMIC est respecté. Certaines sommes sont prises en compte dans la comparaison avec le minimum légal, d’autres non. C’est précisément là que les erreurs arrivent. Une entreprise peut verser des primes, des remboursements ou des avantages qui rendent la paie plus élevée, sans pour autant pouvoir les utiliser pour masquer un salaire de base insuffisant.
Le salaire de base compte évidemment. Les avantages en nature, comme un repas ou un logement valorisé selon les règles applicables, peuvent aussi entrer dans le calcul. Les primes directement liées à la productivité sont généralement prises en compte. En revanche, les remboursements de frais professionnels, dont la prime de transport lorsqu’elle rembourse une dépense, n’ont pas vocation à compléter le salaire minimal.
- Pris en compte : salaire de base, avantages en nature et primes liées directement à la productivité.
- Écartés du calcul : remboursement de frais, majoration d’heures supplémentaires, participation et intéressement.
- Également exclus : primes d’ancienneté, d’assiduité, d’insalubrité ou liées à des contraintes particulières.
- À examiner : les primes de vacances ou de fin d’année ne sont généralement intégrées que lorsqu’elles sont versées sous forme d’acomptes mensuels.
Imaginons Nora, agent d’entretien rémunérée 1 820 € brut de base à temps plein, avec une prime d’ancienneté de 70 €. Son total brut atteint bien 1 890 €, mais son salaire de base reste sous le SMIC mensuel de 1 867,02 €. La prime d’ancienneté ne peut pas servir de rustine juridique. L’employeur doit verser un complément permettant d’atteindre le minimum légal hors cette prime. Sinon, l’habillage est joli, mais le plancher est toujours trop bas.
Convention collective : parfois plus protectrice que le SMIC brut
Le SMIC n’est pas toujours le seul seuil à surveiller. La convention collective applicable à l’entreprise peut prévoir des minima supérieurs, selon l’emploi, le niveau de qualification, l’ancienneté ou la classification. Dans ce cas, l’employeur doit appliquer le montant le plus avantageux pour le salarié. Le SMIC protège tout le monde ; la convention peut mieux rémunérer certains métiers ou échelons.
À l’inverse, une grille conventionnelle vieillissante peut afficher un minimum inférieur au SMIC. Pas de panique, ni de triomphe prématuré côté employeur : c’est alors le SMIC qui s’applique automatiquement. La règle est simple. Le minimum conventionnel peut dépasser le plancher légal, jamais passer en dessous dans la paie réelle.
Cette vérification est particulièrement importante dans les secteurs où les grilles salariales bougent moins vite que les revalorisations nationales. Hôtellerie-restauration, commerce, nettoyage, sécurité, aide à domicile ou certaines activités de PME sont souvent concernés par des rémunérations proches du minimum. En 2026, environ 2,2 millions de salariés du privé seraient rémunérés au SMIC, soit près de 12,4 % des salariés. Ce n’est donc pas un détail réservé à une poignée de contrats.
Pour vérifier sa situation, il faut repérer sur le bulletin de paie l’intitulé de la convention collective, le coefficient ou niveau hiérarchique, le nombre d’heures rémunérées et les lignes de primes. En cas de doute, un échange écrit avec le service paie ou l’employeur constitue un premier pas. Il est préférable de poser une question factuelle : « Quel élément permet d’atteindre le minimum conventionnel ou légal ? » C’est plus efficace que de débarquer avec un tableur en feu.
Si la rémunération reste sous le SMIC, l’employeur s’expose à une amende pouvant atteindre 1 500 €, en plus d’une régularisation du salaire et, selon le préjudice, de dommages et intérêts. Le salarié peut se tourner vers l’inspection du travail ou saisir le conseil de prud’hommes. Conserver contrats, bulletins, plannings et échanges reste la meilleure manière de constituer un dossier propre.
Les primes sont utiles, parfois très utiles. Mais elles ne transforment pas par magie une base salariale trop faible en rémunération conforme. Le bon réflexe est de séparer le fixe, les compléments et les remboursements : c’est là que la paie devient lisible.
SMIC brut des mineurs, apprentis et alternants : les règles qui changent le salaire
Le SMIC ne s’applique pas toujours à 100 % de la même manière. Les salariés mineurs, les apprentis et les personnes en contrat de professionnalisation peuvent relever de règles spécifiques. Cela ne signifie pas que ces travailleurs ont moins de droits. Cela signifie que leur rémunération dépend aussi de leur âge, de leur expérience et du type de contrat signé.
Un salarié de moins de 18 ans qui n’a pas encore six mois de pratique professionnelle dans sa branche peut percevoir un SMIC minoré. À 17 ans, le taux horaire brut peut être ramené à 11,08 €. À 16 ans ou moins, il peut descendre à 9,85 €. Dès que le jeune justifie de six mois d’expérience dans la branche, l’abattement ne s’applique plus. Plusieurs employeurs choisissent d’ailleurs de verser le SMIC complet dès le départ, même lorsqu’ils pourraient légalement minorer la rémunération.
Apprentissage et contrat de professionnalisation : le pourcentage ne raconte pas tout
En apprentissage, la rémunération est généralement exprimée en pourcentage du SMIC ou, si elle est plus favorable, du minimum conventionnel. L’âge de l’apprenti et l’année d’exécution du contrat font varier le taux. Un apprenti de 16 ou 17 ans en première année ne reçoit pas le même montant qu’un apprenti de 23 ans en troisième année. Après 26 ans, la rémunération minimale atteint en principe 100 % du SMIC, soit au moins 1 867,02 € brut mensuel à temps plein depuis juin 2026.
Cette logique explique pourquoi deux alternants dans la même équipe peuvent percevoir des salaires différents sans qu’il y ait forcément une erreur. L’un est peut-être en première année et âgé de 18 ans ; l’autre est en deuxième année à 24 ans. Le contrat, la date de signature, l’âge et le niveau conventionnel forment un ensemble. Regarder seulement le mot « alternance » sur une offre ne suffit pas.
Camille, 21 ans, signe un contrat d’apprentissage dans une entreprise de services. Sa rémunération doit être calculée selon son âge et son année de formation, puis comparée à l’éventuel minimum prévu par la convention collective. Si la grille de branche est plus favorable, elle ne doit pas être écartée. C’est un point que beaucoup de candidats découvrent après signature, souvent avec la même tête que devant un menu de restaurant écrit trop petit.
Les personnes qui préparent une formation liée aux chiffres peuvent consulter les repères sur le salaire en alternance en comptabilité. Pour les cursus courts, il est également utile de comprendre le montant d’un salaire en BTS alternance, car les écarts entre âge, année de contrat et secteur peuvent peser lourd sur un budget étudiant.
Le SMIC des alternants a une autre conséquence concrète : il sert souvent de référence pour certaines aides, notamment la prime d’activité. Les conditions ne reposent pas uniquement sur le salaire ; elles dépendent aussi de la situation familiale, des revenus du foyer et d’autres ressources. Un alternant ne doit donc pas s’auto-exclure parce qu’il pense gagner « trop peu » ou « pas assez ». Vérifier les conditions de la prime d’activité prend peu de temps et peut faire une vraie différence sur un mois.
Les employeurs ont, eux aussi, intérêt à maîtriser ces règles. Une mauvaise rémunération d’apprenti peut entraîner une régularisation et abîmer la relation avec un jeune salarié dès les premières semaines. Une alternance réussie commence rarement par un bulletin incompréhensible et une promesse floue sur le salaire.
Pour les mineurs et les alternants, le montant dépend donc d’une grille, pas d’une impression. Vérifier l’âge, l’expérience, l’année de formation et la convention collective transforme une question anxiogène en calcul vérifiable.
Revalorisation du SMIC brut : inflation, pouvoir d’achat et effets sur l’emploi
Le SMIC évolue parce que le coût de la vie évolue. Ce n’est pas une hausse décidée au hasard entre deux réunions. Chaque 1er janvier, il est revalorisé selon un mécanisme légal qui prend en compte l’inflation subie par les 20 % de ménages aux revenus les plus faibles et une partie du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire moyen des ouvriers et des employés.
Une revalorisation peut aussi intervenir en cours d’année. Lorsque l’indice des prix à la consommation progresse d’au moins 2 % depuis la dernière hausse du SMIC, une augmentation automatique est déclenchée dans les mêmes proportions. C’est ce type de mécanisme qui explique les hausses exceptionnelles observées ces dernières années. Le passage de 12,02 € à 12,31 € brut de l’heure au 1er juin 2026 représente une hausse de 2,41 %.
| Date | SMIC horaire brut | SMIC mensuel brut Ă 35 heures |
|---|---|---|
| 1er janvier 2024 | 11,65 € | 1 766,92 € |
| 1er novembre 2024 | 11,88 € | 1 801,80 € |
| 1er janvier 2026 | 12,02 € | 1 823,03 € |
| 1er juin 2026 | 12,31 € | 1 867,02 € |
Le gouvernement peut aussi décider d’un « coup de pouce », c’est-à -dire une hausse allant au-delà du mécanisme automatique. Cette possibilité existe, même si elle reste rare. Dans tous les cas, une augmentation du SMIC se répercute sur les contrats rémunérés au minimum légal. Les employeurs doivent mettre à jour les paies dès l’entrée en vigueur du nouveau montant, y compris pour les contrats à temps partiel et certains contrats d’alternance.
Pour les salariés, la revalorisation améliore le salaire brut et, en général, le net. Mais il faut garder les pieds sur terre : une hausse de rémunération ne produit pas le même effet si les dépenses de logement, d’énergie ou d’alimentation progressent en parallèle. Le SMIC protège le pouvoir d’achat de base ; il ne garantit pas une vie sans arbitrages. Le plein d’essence, lui, ne connaît pas la notion de « reste à vivre ».
Pour les entreprises, surtout les TPE et les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, une hausse du SMIC implique d’ajuster les budgets de paie. Elle peut aussi créer un phénomène de tassement des grilles : des salariés un peu au-dessus du minimum se retrouvent rattrapés par le nouveau seuil. Une entreprise sérieuse ne peut pas ignorer ce sujet. Elle doit réfléchir à la progression des qualifications, à la reconnaissance de l’expérience et aux écarts de responsabilité dans l’équipe.
Dans la restauration, les services à la personne, le nettoyage, la sécurité, le commerce de détail ou l’agriculture, la part de salariés concernés est particulièrement importante. Ces secteurs font face à un défi double : respecter le droit et rester attractifs dans un marché du travail où les candidats comparent davantage les horaires, les conditions et les possibilités d’évolution. Un salaire au SMIC peut être légal ; il n’est pas toujours suffisant pour recruter durablement.
Le SMIC sert aussi de référence indirecte pour certains dispositifs sociaux et certaines rémunérations de formation. C’est pourquoi son évolution intéresse bien au-delà des seuls salariés payés au minimum. Une hausse peut modifier des calculs de rémunération d’apprentis, de stagiaires dans certains cas, de plafonds ou d’aides. Les montants doivent donc être vérifiés à la date exacte du contrat ou du bulletin concerné.
Au fond, le SMIC est un thermomètre social autant qu’un montant de paie. Sa revalorisation raconte l’inflation, les tensions sur l’emploi et le niveau de protection attendu dans le monde du travail. Connaître son montant, c’est utile ; comprendre ce qu’il déclenche autour de lui, c’est encore mieux.
Quel est le SMIC brut mensuel en 2026 ?
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC est fixé à 1 867,02 € brut par mois pour un salarié à temps complet, sur une base de 35 heures hebdomadaires et 151,67 heures mensuelles.
Combien reste-t-il en net avec le SMIC brut ?
Le montant net indicatif est de 1 477,93 € par mois avant prélèvement à la source. Le montant réellement versé peut varier selon la mutuelle, la situation fiscale, les avantages et les retenues éventuelles.
Les primes permettent-elles d’atteindre le SMIC ?
Certaines sommes, comme le salaire de base, les avantages en nature et les primes de productivitĂ©, peuvent ĂŞtre prises en compte. En revanche, les frais professionnels, les heures supplĂ©mentaires, l’intĂ©ressement et les primes d’anciennetĂ© ne permettent gĂ©nĂ©ralement pas de complĂ©ter un salaire de base sous le minimum lĂ©gal.
Un employeur peut-il payer moins que le SMIC ?
Non, sauf règles particulières applicables notamment Ă certains mineurs, apprentis ou contrats spĂ©cifiques. Un employeur qui verse moins que le minimum lĂ©gal doit rĂ©gulariser et risque une amende ainsi que d’Ă©ventuels dommages et intĂ©rĂŞts.
Le SMIC est-il le mĂŞme Ă Mayotte ?
Non. À Mayotte, le taux horaire brut est de 9,56 €, ce qui représente 1 449,93 € brut mensuel pour 35 heures hebdomadaires.


